Sommet du Développement à Bari

Récemment, je suis allé à Bari pour y suivre un colloque économique. Si la plupart des interventions étaient plutôt classiques, l’une d’elles a cependant attiré mon attention : l’intervenant y expliquait en effet pourquoi les aides financières à destination des pays en développement étaient inutiles et terriblement coûteuses. Il plaidait plutôt en faveur d’un autre type d’aide, bien plus constructive selon lui.
Il expliquait que de nombreux pays en développement pensent que la contribution la plus importante que les pays riches peuvent fournir consiste en l’octroi à leur profit d’un libre accès aux marchés des pays développés. « Du commerce, pas d’aide » : tel est le slogan. Tout comme le meilleur service qu’un gouvernement national peut rendre à un ouvrier sidérurgiste licencié à l’âge de trente ans est sans doute l’octroi d’une possibilité de recyclage qui lui permettra de faire un travail utile pendant trente autres années, les pays en développement pensent que le commerce peut être une forme plus efficace et plus durable d’assistance et d’encouragement que l’aumône.
Les critiques des programmes d’aide existants avancent aussi que les pays donateurs devraient mieux vérifier quels sont les véritables bénéficiaires de leurs transferts. On soutient qu’une fraction trop importante de l’aide tombe entre les mains de l’élite dirigeante des pays bénéficiaires, et non entre celles des gens les plus pauvres à qui elle était destinée.
Certes, il se trouve des gens dans les pays riches pour exagérer l’ampleur de la corruption du gouvernement des pays pauvres. Plus prosaïquement, les gouvernements bénéficiaires n’aiment pas que les donateurs leur disent ce qu’il faut faire, et il est généralement nécessaire de faire transiter l’aide par ces gouvernements. Mais l’intervenant expliquait que chaque fois que l’on discute de l’aide et de la redistribution, il convient de se rappeler l’analogie du seau qui fuit. Le paiement de transferts revient en fait à verser de l’eau dans un seau qui fuit. Une partie de l’eau s’échappe (disparaît en chemin), mais une autre partie parvient à destination et sert à la fin pour laquelle elle était prévue. L’intérêt du processus dépend de la rapidité avec laquelle l’eau fuit et de l’urgence du besoin de l’autre côté. Dans l’intervalle, nous pouvons rechercher des seaux moins troués !
En tout cas, l’organisation de ce colloque n’était pas trouée, elle. Nous avons pleinement pu profiter de Bari au soir, après les journées de travail, et l’organisation était tout simplement parfaite. J’espère que nous repasserons par cette agence, pour le prochain événement de ce type. Plus d’information est disponible sur le site de l’agence de ce séminaire à Bari. Suivez le lien.

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